Dimanche 8 février 2009


"Un figuier venu d'ailleurs - La Retirada"
Roman jeunesse, éditions Oskar, Histoire et Société

 

Le synopsis

 

Jordi ne veut pas entendre sa vieille tante Azucena radoter sur l’exode espagnol de 1939, « La Retirada ». Il ne veut pas de l’héritage qu’elle lui impose. Il est d’une autre époque, Point. Furieux qu’elle ne le comprenne pas et qu’elle insiste, il casse une branche du figuier auquel elle tient tant. Malheureux ! crie Azucena. Sous les yeux effarés de son aïeule, le figuier se referme sur l’adolescent. Il est propulsé au cœur du sujet qu’il évite, parmi les siens à l’époque de la Retirada. Pour sortir de ce cauchemar, il devra admettre qu’il est l’héritier d’un exil, d’un enracinement, et du rêve d’une société plus juste.

 

La Retirada

 

Le point de vue développé dans le roman est celui de républicains espagnols qui ont dû fuir sous la menace franquiste en raison de leur engagement. Il a pour seule ambition de mettre en perspective les bribes d'un passé que « de vieux enfants » ont bien voulu me confier. Filles et fils d’ouvriers militants, ils sont porteurs du rêve anarcho-syndicaliste qui a engagé leurs parents dans la guerre d’Espagne. Ils ont enraciné en France leurs déceptions et leurs espoirs. Ils avaient entre six et treize ans lors de la Retirada en 1939.

C’est leurs émotions, leurs émerveillements, leurs terreurs d’enfants, leurs déchirements que j’ai souhaité restituer ici, tels que Jordi, personnage de fiction, arrière petit neveu d’Azucena, aurait pu les entendre de leur bouche et les interpréter.

 

Histoire et littérature

 

Nos rencontres se sont déroulées dans une empathie réciproque, pour moi inattendue. Dès le départ, j’ai été confrontée à des questions qui m’ont accompagnée tout au long de l’écriture : comment m’emparer de ces témoignages sans les dénaturer, comment les romancer sans les trahir ? Comment rendre compte de cette empathie qui nous a liés depuis le début et qui est fondée sans doute sur le fait que j’ai aussi « mes exils » ? Frères et sœurs dans l’arrachement, nous nous comprenions, au-delà des différences culturelles et de nos âges respectifs.

J’ai créé le personnage de Jordi, quinze ans en 2007, et orienté la narration de sorte à ce qu’il soit un fil rouge entre les différents témoignages. Puis j’ai créé le personnage de l’homme au chien – qui parle en italique, on sait pourquoi à la fin du roman – d’après les notes de Georges Gonzalbo.

 

On pourrait me reprocher de n’avoir pas écrit sur l’Histoire. A cela, je répondrai que je ne suis pas historienne. J’ai écrit dans l’Histoire, à partir de l’Histoire. J’ai tenté de donner chair à des personnages de fictions et de restituer les douleurs réelles de l’arrachement dans le contexte particulier de l’exode espagnol de 1939 et, en écho, dans la conscience de Jordi.

 

Remerciements

 

Merci à Georges Gonzalbo, à José Morato, Henri Melich, Montserrat Turtos, José Sangenis, Gérard Bernabeu, qui m’ont reçue au foyer de la CNT à Perpignan et qui ne se sont pas bornés à évoquer leur passé mais m’ont offert chaleur et amitié et se sont intéressés à l’écriture pour la jeunesse. Merci à Amapola Gracia, la benjamine, qui a organisé nos rendez-vous, servi de trait d’union et qui m’a rapporté quelques souvenirs familiaux, dont la si belle anecdote du figuier voyageur (Eh ! Oui, elle est vraie). Merci enfin à André Fabre, grand connaisseur de la période traitée pour ses avis et à Sonia Marzo, bibliothécaire, qui a eu l’idée de me mettre en contact avec les personnes citées plus haut et qui est donc la bonne fée à l’origine de ce roman.

 

 

Par Michèle Bayar - Publié dans : littérature
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Mercredi 24 décembre 2008
J'ai essayé à plusieurs reprises de formuler mes voeux pour 2009 mais rien n'est venu que le trop qui me met l'estomac à l'envers ces temps-ci : trop de paillettes, de couleurs, de leurres, de films éculés, de jeux, de miroirs aux alouettes, de faux semblants, de rêves, de synthèses, de misère lointaine, de menaces proches, de discutailleries publiques et de rabâchages.
J'avais pourtant envie de bloguer gentiment avec mes proches et mes plus lointains, histoire de dire "Je suis là et je pense à vous". Je ne trouvais pas les mots. Faute d'inspiration, je me suis tournée vers Internet. Mauvaise pioche. Je n'allais tout de même pas vous infliger cette citation de Marc Aurèle :
"Il ne s'agit plus de discourir sur ce que doit être un homme de bien mais de devenir un homme de bien" .
Si on abandonne l'idée de polémiquer, alors...
Ou pire encore, ces vers de Lamartine qui exaltent délicieusement mon humeur morose mais pourraient vous déprimer ?
"Mon coeur, lassé de tout, même de l'espérance 
N'ira plus de ses voeux importuner le sort
".
Wikipédia  m'a sauvé le coup - comme quoi... en m'annonçant que 2009 avait été déclarée année de l'Astronomie par l'assemblée des nations unies. J'ai fait appel à Galilée.
Son humour plein de sagesse est venu éclairer mon écran et distraire mon esprit chagrin :
"Le soleil, avec toutes ces planètes qui gravitent sous sa gouverne, prend encore le temps de mûrir une grappe de raisin, comme s'il n'y avait rien de plus important".

Je vous souhaite de mûrir de belles joies en  2009

Par Michèle Bayar - Publié dans : sur la toile
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Jeudi 4 septembre 2008
Risquer sa vie pour quelques documents ? Pietro a bien d'autres soucis au hameau de la Bourbe : difficile de manger à sa faim lorsque l'on est si pauvre ! Pourtant, quand un certain dimanche d'automne il croise la route d'un mystérieux étudiant franc, sa vie bascule. A sa suite, il va être entraîné dans une aventure pleine de rebondissements. Des couvents de Rome au Vatican, le jeune homme devra faire preuve d'intelligence et de ruse pour faire face à de puissants ennemis. Mais le jeu en vaut la chandelle car ces documents renferment un trésor : la clé d'une découverte scientifique importante et d'un nouveau destin pour Pietro...

J'ai écrit ce livre en réponse au "Faucon déniché" de Jean-Côme Nogues. J'avais été si triste du destin de son héros ! Il est vrai que le Moyen-Age n'était pas tendre pour les serfs. Pour tirer Pietro de sa triste condition, je l'ai fait naître un peu plus tard, dans l'Italie de la Renaissance. Epoque à peine plus faste. Ce n'était pas suffisant. J'ai dû le doter d'une intelligence, d'une curiosité et d'une force d'âme hors du commun pour réussir à le sauver. J'ai eu ainsi le plaisir de le faire passer de l'ignorance superstitieuse à la connaissance émerveillée. Pour exprimer un point de vue laïc sans anticléricalisme sur la question du rapport entre la science et la religion, j'ai donné la parole à Pietro dans ce récit complexe où il se retourne, dix ans plus tard, sur l'événement qui a transformé sa vie, encore tout ébahi de la chance qu'il a rencontrée.

La Tour des Vents, collection L'histoire comme un roman, éditions Gulf Stream
(en librairie août 2008)
Par Michèle Bayar - Publié dans : littérature
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Dimanche 24 août 2008

Avec la rentrée, des notes pointent leur nez. Qu'elles soient distribuées en classes ou sur Internet, elles auront sans doute encore la vie belle, feront et déferont espoirs et réputations.

Notes sanctions ou récompenses, attendues ou redoutées selon que l'on soit du côté du noteur ou du noté, que l'on se juge compétitif ou non, que l'on se trouve bon ou nul.

D'autres notes nous attendent aussi sur la toile et ne demandent qu'à investir nos mp3. J'ai encore en tête celles écoutées au bord de l'eau.

Des notes qui s'élancent jusqu'à l'infini, font danser les langues et dilatent les coeurs.

Je m'émerveille que le français réunisse sous le même vocable au moins deux poids et combien de mesures ! 
"Notes" : un mot au goût de liberté, pour distinguer ou partager.

Bonne rentrée à tou(te)s.

Par Michèle Bayar
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Samedi 26 juillet 2008

J’étais au rendez-vous.

Le Théâtre de la Mer est un lieu magique, une citadelle perchée sur les rochers avec une scène balcon qui ouvre sur la mer jusqu’à l’horizon.


Mon premier ravissement fut le public. Plus mélangé que je ne l’aurais cru.

Des sexagénaires, bien sûr, mais aussi des musiciens de tous âges dont un de vingt ans, venu avec ses parents. Le rock qui fut jadis le bastion de mon attitude rebelle est aujourd’hui un bonheur familial !


Chuck Berry, mythique, assumant avec une joie d’enfant ses quatre-vingt-un ans, s’est économisé tout en donnant le meilleur de lui-même : son jeu, son feu, sa voix… Son fils était à la guitare et sa fille à l’harmonica. Elle chante aussi. Ils nous ont offert un duo émouvant.


Pendant le concert, la lune est montée dans le ciel d’été, toute ronde, un ferry est parti pour Tanger, des bateaux de tourisme ont croisé sous nos yeux, le tout au son inimitable de la guitare de Chuck qui rythmait, comme jamais, la vie qui passe.

 

Par Michèle Bayar - Publié dans : musique
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Vendredi 30 mai 2008
Pour ceux qui ont aimé "Silence complice", rertrouvez Colette et Mourad, sept ans plus tard, à Oran.

Love not war
, le regard décalé de Colette sur mai 68 parmi quinze autres (attention, c'est pour adultes).

Mai 68, à Carcassonne, Montpellier, Oran, Paris, et bien plus loin…  
 
Une enfant de dix ans, son grand frère en route pour l'Asie, un commerçant montpelliérain, un photographe amoureux, un militant d'extrême droite, un étudiant guinéen, une journaliste stagiaire, une jeune Oranaise, une étudiante allemande, un peintre à l'explosif, un alchimiste... 

Destins croisés, qui s'enlacent ou se heurtent au fil de quinze nouvelles tissées par des auteurs du Languedoc-Roussillon.

En librairie et en ligne :
Editions Cap Bear
http://www.cap-bear-editions.com/
Par Michèle Bayar - Publié dans : littérature
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Vendredi 30 mai 2008
Un comble ! L'accès à mes pages perso Orange m'est refusé depuis que j'ai changé d'ordinateur.

Fausse manipulation ? Mauvaise communication de Vista avec XP ? Aucun technicien de la hot line (le plus souvent glaciale) d'Orange n'a pu me le dire, la question n'entre pas dans le cercle de leurs compétences.

Qu'à cela ne tienne. Je passerai du minimalisme au dépouillement. Ce blog sera parfait pour m'en tenir à l'essentiel (et papoter aussi, j'ai découvert comment répondre aux commentaires).

Si vous mettez votre e-mail dans la rubrique Newsletter, je vous tiendrai au courant de mes publications.

Pour le moment, je vous donne rendez-vous hors de la toile et de mes agacements: 
CONCERT DES AIGLES NOIRS LE 19 JUIN A 20 H au Petit Journal Montparnasse




   
Par Michèle Bayar - Publié dans : sur la toile
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Lundi 28 janvier 2008

Photo031.jpg J'ai vu à Argelès sur mer, en avant-première et dans le cadre du festival Cinémaginaire "Maghreb si loin... si proche" le film "Paris de mes exils" de Rina Sherman. J'en suis sortie bouleversée et je n'étais pas la seule.

Emule de Jean Rouch, elle ouvre l'oeil de sa caméra sur le monde en se posant des questions du genre : "A partir de quel moment l'autre devient-il un soi possible ?" Vous imaginez qu'elle ne construit pas son schéma narratif sur le modèle d'une série télévisée.

Son film conte - sans relater -  la douleur de la perte, la solitude, la quête de vérité, l'enquête tenace sur la liberté d'expression, les lobbyings, la désinformation, l'amour que la réalisatrice porte à ses disparus, l'immense intérêt qu'elle a pour ceux qu'elle filme, sa façon de les saisir dans leur essence sans les retenir prisonniers d'un regard, la déambulation dans une ville exil, la buée des brumisateurs de Paris-plage, toutes choses sans liens ou si ténus, mouvements saisis au vol, corps évoquant l'ailleurs, personnages à fleur de peau qui se délitent et se recomposent. 

Portées par une voix off douce et intimiste, ces images m'ont fait vivre - et revivre - des émotions qui touchent à l'indicible. Aux sentiments forts suscités par le film, se sont superposés ceux que j'ai éprouvés lors de mon arrivée à Paris, cette sensation d'être brassée et parfois d'être broyée qui m'a amenée à écrire. Vers la fin du film, Rina Sherman propose une clef de cette alchimie : 
"Paris, point de conversion de toutes les aventures..."

Parisiens, vous êtes chanceux :
«Paris de mes exils» sera présenté à la SCAM à Paris, le 21 mai à 19h30.
Pour plus d’informations, contactez : aca@neuf.fr
Filmographie complète de Rina Sherman :
http://www.ovahimba.info/files%20various/filmography.html


(pour ceux qui chercheraient à reconnaître Paris dans l'image associée à l'article, je précise qu'elle vient d'ailleurs, je l'ai prise à Montréal depuis mon téléphone portable et la banderolle que l'on aperçoit présente un festival de cinéma d'auteur)

Par Michèle Bayar - Publié dans : cinéma d'auteur
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Mardi 8 janvier 2008

Creek.jpg Tout devient possible quand on porte son regard plus loin qu'à l'ordinaire et que l'on déplie ses grandes ailes dont on ne soupçonnait pas l'envergure

Cécile Ladjali

J'ai recopié cette phrase sur les voeux d'Adeline Ysac, sans aucun scrupule, merci Adeline ! Alors que je tente de faire mon chemin dans un paysage aride et parfois inquiétant, soutenue par Antonio Machado, elle m'offre une envolée. Je trouve ces mots adéquats pour vous souhaiter de belles envolées au-dessus de l'année 2008 dont les sommets pourraient être assez impressionnants. 

Tout est dans le recul, la beauté apparaît avec la forme. Il n'y a qu'à regarder la Terre vue du ciel, de Yann-Arthus Bertrand, ça doit donner du courage aux oiseaux pour sortir les pattes d'une flaque de mazout.

Ou bien, lisez, si ce n'est déjà fait, Kafka au bord du rivage, de Haruki Murakami. Je vous recommande vivement ce livre. J'en suis presque à la moitié, j'avance à pas prudents entre l'effroi et l'émerveillement. Il est de ces ouvrages qui ne laissent pas indemne.

J'espère que cet article vous inspirera plus que le précédent et que vous m'offrirez autre chose que votre silence. Sinon, parole, mon prochain article sera "people" !
 
 


Par Michèle Bayar - Publié dans : littérature
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Vendredi 21 décembre 2007
Après des débuts difficiles (On ne blogge pas d'instinct sauf à avoir vingt ans) un nouvel espace s'offre à moi. L'occasion de cheminer en votre compagnie le temps de quelques vers d'Antonio Machado :

undefined Caminante, son tus huellas
el camino, y nada mas ;
caminante, no hay camino,
se hace camino al andar.
Al andar se hace camino,
y al volver la vista atras
se ve la senda que nunca
se ha de volver a pisar.
Caminante, no hay camino,
sinon estelas en la mar.

De nombreuses traductions sur le site du programme européen MCX (Modélisation de la CompleXité) : http://www.mcxapc.org

Rendez-vous en 2008 avec de nouvelles rubriques.
Par Michèle Bayar - Publié dans : littérature
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